Démarche artistique

La pratique artistique de Marimaud Morin-Dupras s’ancre dans une solide formation académique acquise dans le cadre de ses études universitaires. La pratique du textile en métiers d’art, qu’elle a par la suite exercée, influence encore sa démarche actuelle. Elle la relie à une représentation de l’enfance, mais également à la matérialité du textile. En effet, le fil et la trame, font leur apparition dans la représentation picturale de l’artiste aquarelliste; à la fois dans le rendu visuel et dans la symbolique rattachée à la construction de l’identité.

 

Depuis 2012, Marimaud Morin-Dupras peint à l’aquarelle sur papier synthétique Yupo. Ce support polymère hydrofuge lui a permis de développer une technique et un rendu uniques qui se distinguent de ceux davantage traditionnels qui caractérisent ce médium à l’eau. Les pigments en suspension se déposent sur la surface sous l’effet de l’évaporation du liant en conservant ainsi leur éclat. La richesse des textures et les jeux de transparence obtenus relèvent à la fois de la maitrise technique de l’artiste et de la part d’imprévu intrinsèque au médium aquarelle. La rencontre de cette matérialité sensible et du réalisme figuratif de certains éléments de ses œuvres crée un point focal sur le sujet que l’on retrouve fréquemment dans sa production. Cette centration sur le sujet se traduit également par une grande part accordée au vide dans certaines œuvres. La blancheur du support confère alors une luminosité à l’ensemble et le dépouillement obtenu laisse une place importante à la sensibilité du spectateur.

 

La légèreté apparente des sujets représentés par l’artiste, jumelée à l’esthétisme qu’elle propose, rend son travail accessible à un large public. Pourtant, les oeuvres réalisées sont ancrées dans une recherche approfondie de l’iconographie symbolique à travers le temps et les cultures. Le propos s’articule autour de la création d’une signification émergeant de la rencontre de cette force symbolique et de la sensibilité de l’artiste. Cette rencontre décuple le potentiel évocateur des images qui, de part leur nature ambigüe, réfèrent à la fois au singulier et à l’universel.

 

La recherche conceptuelle de l’artiste est également intimement liée à la langue française. Elle se traduit non seulement dans le choix méticuleux des titres, et dans la narrativité parfois explicite des oeuvres empruntant leur structure aux figures de rhétorique. Le langage est partie prenante de l’ensemble du processus créatif de l’artiste qui fait émerger du sens en contraignant des rapports entre des énoncés éloignés en apparence. Les métaphores visuelles exposent alors des renversements de proportion, des enchevêtrements de perspectives, une multiplicité de points de vue; un espace où le sentiment de réel du spectateur est soumis à un équilibre fragile, aux frontières de l’univers poétique de l’artiste.

 

Par une approche allégorique de la figuration, l’artiste met essentiellement en scène une représentation actuelle et singulière de l’animal. De manière sensible, l’artiste rapproche le spectateur de la psyché animale. Cette conscience du principe vital qui transcende l’existence, et qui semble nous échapper à nous, êtres doués de raison. La dichotomie entre l’animalité et l’humanité n’a plus lieu d’être considérée,  et laisse place à une recherche de l’essence même du souffle de vie; l’anima.

 

La trame de fond de la démarche artistique de Marimaud Morin-Dupras est celle du lien avec la nature; la nature humaine sans aucun doute, mais également celle qui nous surpasse.